Noémie Goudal

Née en 1984 à Paris, nationalité anglaise, vit entre Paris et Londres.
www.noemiegoudal.com

Au cours des dernières années, le travail de Noémie Goudal  a été essentiellement axé sur des images photographiques résultant de conceptions volumiques ; des sculptures et des installations connectées avec soin à des espaces spécifiques avant d’être photographiées. La fabrication est cependant fondamentale à la pratique, l’acte de prendre une photo transforme l’objet, et par conséquent, l’image devient l’objet lui-même. À travers un processus de jeux de construction qui jouent à l’intérieur d’emplacements, Noémie Goudal produit des sphères polyvalentes qui ouvrent de nouvelles perspectives au tableau photographique.

La série explore des contrées autonomes telles que les îles et les paradis perdus où des espaces palpables sont souvent entretenus à travers l’imagination de l’homme. Les images invitent à plonger dans des périmètres qui sont non décidés géographiquement, qui n’existent ni dans la réalité, ni dans la fiction. Par exemple, Cascade introduit ‘la promesse non tenue’ d’une merveilleuse chute d’eau, sa matière étant toutefois constituée de feuilles de plastique dégoûtantes. À la différence des utopies qui relèvent toujours du domaine de l’invention, ces endroits peuvent être définis comme des hétérotopies, concept forgé par Michel Foucault à la fin des années soixante et qui désigne les « espaces autres », localisation physique de l’utopie. Dans certaines images, Noémie Goudal utilise des dispositifs tels que des toiles de fond en papier grand format, qui, juxtaposées à un paysage, invitent le spectateur à pénétrer l’espace en même temps qu’il pénètre le processus narratif d’un environnement d’illusions.

De la même façon que l’existence du monde est maintenue dans une image, les scènes de Noémie Goudal incarnent des territoires isolés qui émergent en parallèle du temps humain, permettant à leur propre historicité d’évoluer de manière satisfaisante.